A/ Les illusions formées par des figures géométriques

   Le capitaine dirige le groupe vers le centre de la salle où se trouve deux tables : 5/ Les tables de Shepard.




   A première vue ces tables n’ont pas la même taille alors qu'en réalité, elles sont parfaitement identiques !

   Ce sont les différentes priorités gérées par le cerveau qui engendrent ces illusions géométriques. Ainsi, le cerveau dans son interprétation tend à restituer la forme correcte de ces tables et affiche donc la figure dans le sens de la profondeur d’où un épaississement de la table transversale et un allongement de la table en profondeur.

   Cette illusion est appelée une illusion optico géométrique. Ce sont des illusions formées par des figures géométriques qui donnent lieu à des erreurs d’estimations, de dimensions, d’interprétations, de courbures et de directions.

   Plusieurs explications pour les illusions géométriques ont été proposées. D’une part, les illusions sont du domaine du perceptible et n’ont rien à voir avec la pensée ou le raisonnement. Les illusions ne naissent pas dans la rétine, elles prennent naissance dans le système visuel où converge pour la première fois les informations en provenance de chaque œil.

   Le capitaine art décide d’expliquer cela à travers des illusions géométriques connues.

   Dans l’illusion de Muller Lyer la ligne du haut parait plus courte que celle du bas. La plupart des explications font jouer un rôle capitale aux flèches. En fonction de leur orientation, elles modifient la perception de la longueur des segments.

6/ Illusion de Muller Lyer

   Dans l’Illusion de Degas, le coté verticale parait plus long que le coté horizontal du chapeau  alors qu’ils sont identiques.. En effet les droites verticales paraissent toujours plus grandes que les droites horizontales. Le mouvement des yeux lié au mouvement horizontal est plus facile à exécuter qu'un mouvement vertical.

 

 

7/ Illusion de Degas

   C'est alors que le capitaine Art nous amène voir l'illusion ci dessous où les droites horizontales n'ont pas l'air parallèles alors qu'elles le sont. On justifie cela lorsque que l'on retire les boules. Le capitaine sourit alors, de nous voir tous interloqués par l'illusion. Il nous explique que l'agencement du damier y est pour quelque chose car si on le bouleverse, l'illusion s'estompe.

 

                                                                                8/ L' effet de boules


    Le capitaine Art nous dirige vers un couloir très étroit avec une multitude de tableaux qu'il souhaite nous présenter afin de comprendre : comment les artistes ont utilisé les illusions géometriques dans leurs oeuvres.

  Le capitaine nous explique que la plupart des tableaux accrochés dans ce couloir font parti du mouvement de l'Art Cinetique ou de l'Op Art (abréviation de « optical art »), il poursuit en disant que c'est un courant artistique apparu vers le milieu des années cinquante. L'Op Art restitue le mouvement à l'aide de moyens purement visuels (sans mouvements réels). Un ensemble de formes géométriques et de combinaisons de couleurs crée dans l'oeil du spectateur une illusion de mouvement.


  C'est ainsi que l'on peut voir le tableau de Yaacov Agam, un des artistes faisant donc parti du mouvemant de l'Optical Art. Agam est né en 1928, et établi en France à partir de 1950. Depuis 1974, les œuvres d'Agam comptent aussi bien des peintures que des sculptures, des monuments, des architectures, ou des vidéos médium qu'il est l'un des premiers à utiliser en France.
A la différence des œuvres des artistes cinétiques dont le mouvement est généré le plus souvent par des éléments mobiles de l'œuvre, celles d'Agam obtiennent leurs effets par le déplacement du spectateur par rapport à l'œuvre. L'artiste entend ainsi donner au public un rôle nouveau et introduire dans son travail la notion d'imprévisibilité qui caractérise, selon lui, la quatrième dimension. Dans ce tableau appelé "Visual Prayer", Agam lie les couleurs et les formes géométriques ce qui donne cet effet de mouvement. Mais comme dans de nombreux de ses tableau, Agam utilise un prisme rectangulaire dont une face est fixée sur la surface plane de la toile et dont les deux autres sont peintes de motifs géométriques qui produisent des effets visuels différents selon l'angle sous lequel ces éléments sont percus.

                                                        

                                                                           9/ "Visual Prayer" de Agam

    Juste à coté de ce tableau, on peut trouver un tableau de Victor Vasarelly qui est un plasticien, reconnu comme étant le père de l'art optique. Vasarely développa son propre modèle d'art abstrait géométrique, employant un nombre minimal de formes et de couleurs.

  Ainsi Vasarely parvient à atteindre les possibilités extrêmes de la géométrisation en recréant à la perfection la troisième dimension. Bien que les oeuvres de Vasarely soient totalement non-figuratives, elles dégagent une impression de réalité étonnante. Vasarely perd néanmoins une partie du mérite de la précision du fait de son usage des instruments. Bien qu'il ait eu des intuitions géniales, la tendance de mélanger ses idées le font tomber dans les répétitions. Dès 1970, les oeuvres de Vasarely commencent à présenter de moins en moins d'intérêt. Vasarely a ouvert la voie à la technique du troisième oeil avec sa série de Gestalt, avec laquelle, en focalisant son regard au-delà d'une image quelconque, on peut percevoir une image en trois dimensions qui nous était alors cachée. Vasarely a également préparé les esprits à considérer presque comme de l'art la technique, qui nous vient de l'informatique et des images de synthèse. Vasarely, ayant poussé la géométrisation dans ses extrêmes limites n'a pas eut de grande influence sur la peinture.

  Dans ce tableau intitulé "Cheyt Pyr" Vasarelly déforme des figures simples par un travail rigoureux, donnant ainsi l'apparence du relief.

 

 

 

 

                                                                10/ "Cheyt Pyr" de Vasarely

    Les tableaux ci dessous -également de Vasarely- présentent les mêmes caractéristiques que le tableau vu auparavant : c'est à dire une sensation de relief due aux déformations de figures géométriques et surtout au mélange de couleurs .

                                                            

                                                                 11/ Tableau de Vasarely

                                                            

                                                                         12/ Tableau de Vasarely

                                                           

                                                                  13/ Tableau de Vasarelly

    Puis le regard du capitaine Art reste soudain fixé sur un des tableaux. Ce dernier est très différent des tableaux appartenant au mouvement Op Art. Le silence s'installe dans la salle pendant quelques minutes. Alors le capitaine reprend la parole et nous explique la particularité de cette peinture. Ce tableau se nomme "Les ambassadeurs" et a été réalisé par Hans Holbein en 1533.

  La peinture représente Jean de Dinteville, à gauche, ambassadeur de France et à droite, se trouve son ami, Georges de Selve, évêque de Lavaur qui a été lui aussi occasionnellement ambassadeur auprès de l'Empereur romain germanique. Les deux hommes, qui regardent le spectateur de l'œuvre, sont accoudés à un meuble comportant deux étagères et sur lequel sont disposés plusieurs objets qui se rattachent aux quatre sciences mathématiques, soit l'arithmétique, la géométrie, la musique et l'astronomie.

  Ce tableau présente une étrange figure qui se trouve au premier plan, et parfois appelée l'os de seiche. Elle a longtemps intrigué les analystes du tableau. Notre œil acéré d'aujourd'hui, bien plus habitué à la lecture d'images, nous fait deviner qu'il s'agit d'un crâne fortement déformé par une anamorphose. Cependant, il est probable qu'autrefois, on n'en faisait pas une lecture aussi immédiate. De plus, on notera que ce type d'image déformée était à la mode en Angleterre ..

  Le contraste de ce crâne avec le sujet principal de cette peinture qui représente deux hommes importants, un ambassadeur de France auprès de la cour d'Angleterre, dont le frère est lui-même ambassadeur auprès de la papauté et un évêque issu d'une famille de riches marchands, en fait une vanité. Une œuvre qui symbolise que la mort rend insignifiant les luxes et les aspirations de l'existence, et que le chrétien doit avant tout se préparer au jugement dernier. Le crucifix, à moitié caché, dans une position intermédiaire entre ce qui est devant le rideau (le monde des hommes) et ce qui est caché à leur regard (l'inconnu derrière la tenture) symbolise la position du Christ intermédiaire entre l'ici-bas et l'au-delà. Certains ont d'ailleurs vu dans ce tableau l'impossible représentation de Dieu.

    Comment observer le crâne?

  Pour corriger les déformations sur l'os de seiche et observer le crâne sans utiliser un moyen informatique, on peut utiliser le dos d'une cuillère. On place la cuillère au sommet de l'os, à droite. Le dos de la cuillère doit pointer vers la gauche et être perpendiculaire à l'image du tableau. En plaçant son regard face au dos de la cuillère et en modifiant son orientation, on observera facilement le crâne sur un écran. Si l'on dispose d'une version imprimée du tableau, on peut placer son regard dans le plan formé par la feuille et corriger la perspective.

        

 

               14/ "Les ambassadeurs" de Hans Holbein

 

                         Fichier:Anamorph.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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