B/ Les illusions de couleurs

    Afin d'expliquer comment fonctionnent les illusions relatifs aux couleurs, le capitaine Art décida de raconter aux passagers du bateau, la provenance de la découverte des effets colorés en commençant par Itten : l'artiste qui est au cœur du fondement de cette mise en évidence des rapports de couleurs dans ses études chromatologiques.

 

  Le capitaine souhaite alors élaborer cette notion d'illusions de couleurs puis de montrer à travers les différentes oeuvres qui se situent dans la salle EYE, consacré aux illusions artistiques, ces couleurs exploitées par de nombreux artistes afin d'en faire des illusions.

 

  De plus, le capitaine expliqua que de nombreux effets colorés sont utilisés pas les ophtalmologistes pour mettre en évidence des defaults de la perception des couleurs. En effet, les illusions de couleurs sont certainement celles que l'on rencontre le plus souvent. Elles sont assez impressionnantes dans la mesure où se sont les couleurs de l'arrière plan qui influent sur l'illusion.

 

  La lumière dépend, à la fois de l'intensité lumineuse de l'objet, mais aussi de son environnement, de la taille de la surface colorée, de sa promiscuité avec d'autres couleurs ou encore de son rythme.

  Le domaine des couleurs s'enrichit ainsi en présence d'un contexte. Certains environnements donnent aux couleurs des apparences inattendues ou créent des illusions. Ces illusions dont le capitaine va expliquer les principes, sont de deux types : l'induction chromatique -lorsque les couleurs sont modifiées par le voisinage d'autres couleurs- et les conflits autour de la couleur -dus aux limites du traitement visuel-. La lumière visible qui pénètrent dans l'oeil excitent deux types de récepteurs qui tapissent la rétine : les cônes et les bâtonnets. Ce sont les cônes qui assurent la vision des couleurs et des détails. Les signaux de cônes passent par plusieurs réseaux rétiniens où ils sont filtrés. L'information chromatique parvient alors au cortex par l'intermédiaire de ces réseaux. Cette information est ensuite répartie dans les differentes aires corticales et elle est remaniée afin de redonner aux objets leurs apparences colorées, réelles ou illusoires. 

               A) Le contraste

     D'après nombreux chimistes, le contraste des couleurs serait de nature visuelle : en effet, deux couleurs juxtaposées perdent ce qu'elle ont d'analogue. Le système visuel, avec le contraste chromatique, néglige les points communs entre les couleurs et s'appuit sur leurs differences.

  La vision repose donc sur des contrastes. Le contraste s'exerce quand deux surfaces sont juxtaposées. Cependant, quand la scène devient riche en variations chromatiques, comme c'est le cas dans l'environnement naturel, le contrôle habituel des contrastes assurerait la stabilité de l'apparence des couleurs alors que la surface du contraste est maximum.
  Si l'on interroge cent personnes en leur demandant ce qu'elles entendent par "contraste", quatre-vingt-deux répondent: "Clair-sombre." Visiblement, on assimile les différences de luminosité et également de couleur à l'idée que l'on se fait du contraste.
  Mais il existe aussi ce que l'on nomme le contraste psychologique. On entend par là, l'influence mutuelle de sensations optiques qui survient lorsque des excitations lumineuses d'intensités ou de couleurs différentes frappent les mêmes cellules de la rétine simultanément ou l'une après l'autre dans un intervalle très bref. C'est ainsi qu'une tache claire apparaît encore plus claire dans un environnement sombre et inversement

  Pour illustrer cette affirmation , nous utilisons l'exemple de l'animation ci-contre.
Un anneau uniforme est posé sur deux carrés colorés. Le demi-anneau de droite, une fois déplacé vers le bas, semble plus sombre que l'autre moitié. Sur le fond blanc, l'anneau parait plus fonçé : pourtant, dans chacun des deux essais, la luminosité des anneaux est la même : ce sont les couleurs d'arrière plan qui vont influer sur l'illusion. En effet, le fond blanc accentue la couleur de l'anneau alors que le fond gris semble la diminuer. L'impression de lumière sur notre oeil dépend donc non seulement de l'intensité lumineuse de l'objet lui-même, mais encore de son environnement (contraste de surface). 

    

15/ Illusion des anneaux                     

  Dans l’image ci-dessous, les cases A et B semblent de couleurs différentes. Elles sont pourtant exactement du même gris. C’est un exemple frappant du contraste simutané. Afin de comprendre pourquoi nous ne pouvons croire au fait que les deux zones grises sont identiques, il faut identifier les élèments inducteurs qui créent l'illusion : 

                          En voici la preuve :

                        

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                16 / "L'échiquier" de Edward H. Adelson

  - D'une part, il y a ici un effet bien connu d'illusion de couleur : le cerveau distingue les couleurs par rapport au milieu environnant. Ainsi la zone A parait plus fonçé car elle est entourée de carreaux clairs et à l'inverse, la zone B paraît plus clair du fait des carreaux plus fonçés autour d'elle.

  - Un autre facteur accentue fortement l'illusion : notre vécu joue sur notre perception. En effet nous connaissons bien les damiers, un damier est un ensemble de cases alternativement d'une couleur fonçé puis d'une autre claire. Ainsi dans l'ordre logique du damier, la zone B appartient à la suite des carreaux clairs. Pourtant du fait de l'ombre, la zone B est bien plus fonçé que les autres carreaux clairs. Le cerveau corrige donc la nuance apporté par l'ombre et "éclaircie" la zone B.

  L'addition de ces deux facteurs créent une ilusion impresionnante et impossible à contourner : vous savez bien que c'est une illusion pourtant vous n'arrivez pas à vous convaincre que les deux zones sont rigoureusement de couleurs identiques. 

     Soudain, le capitaine Art nous renmena dans le couloir très étroits, contenant plusieurs tableaux. Cette fois-ci il s'arrete sur une oeuvre de Vasarely, l'un des fondateurs de l'art optique. Il explique que l'appellation « Op'art » désigne un style artistique basé sur les illusions d'optique en deux dimensions. Le capitaine ellabore donc la technique qu'utilise ce peintre afin de créer ses illusions.

                                                                                                                         

                                                                                                                     

                                17/ "Arcturus II" de Vasarely

  À vue d’œil, les carrés que peint Victor Vasarely apparaissent simples comme jeux d’enfant. Il est pourtant essentiel de souligner que Vasarely va parfois jusqu’à étaler seize teintes nuancées d’une même couleur avec sa palette dans la main. Un travail pointilleux qui s’approche à la science de couleurs. La conception de tel travail nécessite d’une manipulation scrupuleuse des teintes et des dégradés de couleurs. De ses œuvres, on est surtout stupéfié par l’effet miraculeux de ces travaux qui piègent notre regard par de multiples métamorphoses illusoires sur une surface figée et bi-dimensionnelle. Comme une sorte d’alchimie ophtalmique œuvrée à l’appuie de l’interaction entre la lumière et la matière.                                     

  Surprenants, stupéfiants, ses tableaux dits psychédéliques sont en réalité réalisés sur la base des illusions optiques, couramment connues dans le domaine de science de vision. Un phénomène optique est ainsi nommé « illusion de Vasarely » d’après ses réalisations artistiques. L’effet de l’illusion a lieu quand les carrés concentriques de tailles décroissantes et de luminosités dégradées s’empilent l’un sur l’autre. Alors, on voit deux rayons blancs qui se croissent et forment une lettre X à l’intérieur de ces carrés entassés. Lorsqu’on les examine de plus près dans ses détailles, on réalise que les rayons crossés sont en réalité inexistants.

  En effet, c’est une illusion optique associée notamment aux phénomènes d’« inhibition latérale » ayant lieu sur des champs récepteurs de la rétine. Il s’agit notamment d’un principe de suppression sélective de certains signaux nerveux (périphériques ou avoisinés) afin d’optimiser l’acuité d’un signal sensoriel (centre). Ainsi, avec l’inhibition latérale, la rétine est devenu une démodulation de contraste, et non un simple récepteur de photons lumineux. Les phénomènes d’illusion visuelle associés à l’inhibition latérale ont été présentés un peu plus haut.

              B) Conflits de couleurs

     D'autres illusions s'expliquent simplement par des insufisances du systeme visuel : lorsque le signal des cônes est trop faible, qu'ils viennent à manquer ou qu'ils sont concurrencé par celui des bâtonnets ; dans ce cas le systeme visuel privilégie le signal achromatique plutôt que celui chromatique. La couleur est essentiellement relayée par les cônes. Cependant, aux faibles éclairements, les bâtonnets, plus sensibles, sont susceptibles de fonctionner et leurs signaux se mêlent à ceux des cônes, devenus faibles. Cependant, les signaux des bâtonnets manifestent un retard sur ceux des cônes dans la rétine. De ce fait, certaines détections de couleur sont impossibles sur des structures très petites : c'est la tritanopie fovéale. Ce phénoméne peux être illustré par l'impossibilité de lire un texte en couleur sur un fond d'une autre couleur, comme le montre cette image..

 

18/ Illusion du au couleur

De manière générale, si l'on supprime toutes les variations lumineuses dans une scène, certaines tâches sont difficiles à effectuer : lire, distinguer les frontière entre les objets etc.. La couleur seule ne permet donc pas de résoudre les détails.

 

19/ Illusion de Jeremy Hinton

Cette illusion a été inventée par Jeremy Hinton en 2005. 

  Si l'on fixe pendant au moins 20 secondes la croix centrale, des points verts (qui n'existent pas sur l'image) apparaissent. Ils semblent remplacer petit à petit les points roses qui vont d'ailleurs jusqu'à presque disparaitre à la longue. Pour augmentez l'effet, faites le test avec un seul œil. 

  La rétine utilise un pigment présent dans chaque cellule neurosensorielle, la lumière en arrivant sur la rétine provoque une transformation chimique de ce pigment. Cettre transformation est captée par un neurone qui émet un signal de dépolarisation qui se transmet le long du nerf optique. Cette transformation du pigment est réversible et en moins d'une microseconde le pigment est rétabli à son état original. Ce phénomène est chimique et donc prend un certain temps : il s'épuise jusqu'à reconstitution des stocks.
  Les couleurs sont portés par des cellules coniques surtout au centre de la rétine, mais nécessitent beaucoup de lumière pour fonctionner (vision du jour). L'extérieur de la rétine comprend beaucoup moins de cônes et plutôt des bâtonnets qui ne sont sensibles qu'à la lumière (la nuit, nous ne dicernons pas les couleurs), ils sont beaucoup plus sensibles (vision nocturne).
Dans cette illusion, en fixant le centre de l'image ce ne sont que les zones externes de la rétine qui fonctionnent, pauvres en cônes. Donc, en fixant un point central, on épuise la substance chimique de certains cônes. En réalité, tout s'épuise et la couleur disparaît. Le phénomène s'explique donc par l'épuisement du stock de neurotransmetteurs

     Le capitaine nous dirigea une nouvelle fois vers le couloir des peintres pour nous montrer un tableau du peintre Cruz-Diez.
  Impressionné par l'oeuvre de Soto, Cruz-Diez a commençé à étudier les propriétés physiques de la couleur. En 1959, il a commençé sa Fisicromias série qui sont des panneaux traversée par des bandes étroites qui modulent la couleur des peintures selon le mouvement du spectateur et la qualité de la lumière ambiante. Elles sont basées sur la théorie d'Itten de la perception simultanée de différentes couleurs, cherchant à produire un effet dynamique sur l'oeil du spectateur. L'artiste a fait usage d'une variété d'appareils : les chocs linéaires, la fusion de tonalités, le déplacement parallèle de minces plaques de couleurs afin de créer l'effet d'une image en mouvement, et d'autres types d'illusions optique. Il a enfin mis au point une technique utilisant précisément ce qu'il appelle la "couleur additif", conduisant à la production de "chromo-interférences" ou cinétisme chromatique. Cruz-Diez est préoccupé d'abord à l'autonomie de la couleur et à son développement dans l'espace. Aujourd'hui Agam-Cruz-Diez travaille dans la ligne de l'art d'enquête, et plus particulièrement dans les domaines de la cinétique et de l'illusion optique. 

  Ce grand peintre en vient ainsi à réaliser différentes Physichromies, c'est-à-dire des images géométriques en décalage qui émergent, changent, et se dématérialisent. Comme nous pouvons le voir sur ces différents tableaux..

 

 

20/ "Physichromies No. 965" de Agam

 

  Les Physichromies sont des structures qui révèlent d’autres comportements et conditions de la couleur. Elles se modifient selon le déplacement de la lumière ambiante et celui du spectateur, projetant ainsi la couleur dans l’espace et créant une situation évolutive. L’accumulation de « modules d’évènement chromatique » fait apparaître et disparaître divers « climats de couleur », par addition, soustraction ou reflet. Couleur par addition : les « modules » du fond se fondent selon la distance de l’observateur. Couleur par soustraction : la lumière traverse en diagonale les filtres de couleur transparents, colorant ainsi les « modules » du fond. Couleur par reflet : la lumière frappe les « modules » du fond et rebondit sur les éléments perpendiculaires de la structure.

 Carlos Cruz-Diez a expliqué en 1971 : "Mon travail et mes recherches m'ont permis de constater que la couleur n'est pas simplement la "couleur de choses". "La couleur est une situation qui évolue, une réalité qui agit sur l'être humain". Pour les cinquante dernières années, Cruz-Diez a sondé que jouer avec les propriétés perceptives de la situation de la couleur dans l'espace, et d'expérimenter les illusions de la perception sensorielle; induisent parfois des effets visuels éblouissants psychophysiologique.

  Plus que la simple illusion d'optique, les effets cinétiques déclenché par les vibrations chromatiques et les radiations de ses œuvres place l'expérience dynamique de la couleur sous l'évolution des pressions de temps et d'espace.

 

21/ "Olympic centennial" de Carlos Cruz-Diez

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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